Maroc

Maroc


Présentation

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Carte officielle Maroc
Etat unitaire régionalisé depuis 1957, le Maroc est situé au Nord de l’Afrique du Nord-Ouest. Sa capitale est Rabat et sa plus grande ville Casablanca. Il a une superficie de 710 850 kilomètres carrés qui regroupe 12 régions administratives (les wilayas).Il est limité au Nord par le Detroit de Gibraltar et la Mer méditerranée, au Sud par la Mauritanie, à l’Est par l’Algérie et à l’Ouest par l’Océan Atlantique. La côte marocaine s’étend sur 3 500 km.


La population marocaine est de 34 millions d’habitants en 2012 dont 45,2% est âgée entre 15 et 29 ans. La proportion de la population rurale est de 40%. Elle est très affectée par la pauvreté, environ deux tiers de la proportion de personnes pauvres (25%). La pauvreté a également une forte caractéristique de genre. Elle touche 2,5 millions d’enfants qui ne vont pas à l’école principalement les filles dans les zones rurales et 83% des femmes rurales sont analphabètes. D’où la nécessité de mettre en avant la formation et le renforcement des capacités locales comme composante stratégique du développement.

L’économie a connu une baisse en 2014 de 1,5% après avoir connu une forte croissance en 2013 (5%) en raison de la baisse des rendements agricoles. Cependant elle reste solide reposant sur les exportations, l’émergence des investissements privés et le tourisme (10% du PIB). La croissance économique a augmenté en 2015 de 4,5% à travers l’activité manufacturière et les services mais surtout grâce à une campagne agricole exceptionnelle. Principal pourvoyeur d’emploi (40% de la population active), le secteur agricole constitue l’épine dorsale de l’économie marocaine en contribuant au PIB National à une hauteur de 15%. Il dépend fortement du rythme et de la fréquence de la pluviométrie qui conditionne les campagnes agricoles et donc l’économie du pays. Ainsi le manque des pluies pour la campagne 2015-2016 risque de se traduire par une division par 2 de la croissance observée en 2015.

Agriculture et politique agricole


L’agriculture marocaine se caractérise par la rareté de la terre et le morcellement des exploitations. Seules 13% des terres sont considérées comme surface agricole utile (SAU). Le mode d’exploitation principal est familial et le taux d’analphabétisme atteint 67% en milieu rural. Par conséquent, les structures foncières se prêtent peu à la modernisation. Le morcellement des propriétés rend difficile la pratique d’une agriculture performante.

Les céréales, les fruits et les légumes sont les productions principales du pays. Pour sa part, le secteur de la pêche contribue pour près de 2,5% au PIB national et pour 56% aux exportations des produits alimentaires. Il emploie près de 450 000 personnes dont 152 000 marins. La production globale moyenne au cours des 5 dernières années s’élève à plus de 900 000 tonnes pour une valeur de 410M d’euros en 2004.

Le secteur de l’élevage constitue l’une des composantes importantes de l’économie agricole du Maroc, participant à 30% de la valeur agricole et employant environ 20% de la population active.
L’évolution effective du cheptel dépend fortement des conditions climatiques de l’année variant de 2,4 à 3,7 millions de têtes. Pour les ovins, les effectifs varient entre 13 et 17 millions de têtes. Les terrains de parcours couvrent environ 53Mha, soit 74% du territoire national.

L’industrie agroalimentaire (IAA) occupe une place stratégique dans l’économie marocaine. Le secteur compte plus de 1600 entreprises qui représentent 25% du tissu industriel et un chiffre d’affaires, hors tabacs de 4,9 Mds d’euros dont près de 1,2 Mds d’euros à l’export.

Depuis l’indépendance l’agriculture marocaine a connu de grands tournants qui ont marqué des marges de progrès non négligeables : les années 60 avec une agriculture paysanne qui a reçu un encadrement intensif avec une intervention de l’Etat omniprésent, les années 70 caractérisées par le lancement des grands projets d’infrastructures et d’aide massive à la production agricole, les années 80 marquées par l’ajustement structurel et par de nombreuses sécheresses et caractérisées par un rôle plus prononcé des organisations professionnelles et des ONG. Malgré les efforts déployés, l’agriculture marocaine connait toujours des contraintes de natures diverses. Elles se traduisent, notamment par l’accès inégal des professionnels du secteur aux marchés des produits et des intrants agricoles, au marché du foncier et au crédit, par une faible compétitivité du secteur liée au sous-financement chronique et par l’absence d’une véritable intégration des professionnels organisés par filières.

Le Maroc a décidé depuis 2008 de replacer l’agriculture au rang des priorités. L’objectif de la nouvelle politique, le “Plan Maroc Vert”, est la modernisation des exploitations, notamment les petites et moyennes, avec des projets d’investissements visant à rendre le secteur performant. Les enjeux du Plan Maroc Vert sont la relance du développement économique du pays, la réduction de la pauvreté et par conséquent aussi le maintien de la stabilité du pays. Le projet comporte deux piliers :
  • La création de grands pôles économiques par agrégation qui concerne les régions agricoles riches et nécessite d’attirer des capitaux intérieurs et de mobiliser l’épargne
  • Le développement de la petite agriculture solidaire, plus délicat, qui concerne les petites exploitations situées dans des zones difficiles (montagne, zones sahariennes…..).

Situation de l'emploi


Les jeunes Marocains représentent 30% de la population du pays. Ces jeunes sont particulièrement touchés par l’exclusion. Une étude récente de la Banque Mondiale rapportée par un journal révèle que 49% des jeunes marocains ne sont ni à l’école ni au travail. En outre la plupart des jeunes au chômage n’ont pas fait d’études secondaires, voire pas d’études du tout seuls 5% d’entre eux ont suivi des études supérieures.

Les formations ne sont pas adaptées aux besoins du marché et on compte actuellement 300 000 licenciés (titulaires d’une licence universitaire) chômeurs.
L’exclusion des jeunes marocains du monde du travail est essentiellement dû au système éducatif avec d’un côté l’école privée qui forme les élites en français, et de l’autre l’école publique, qui accueille tous les autres élèves et dispense les cours en arabe. Le marché du travail exige la maîtrise de la langue française, ce qui exclut de fait les diplômés du système public, ou le français n’est pas enseigné. En outre les établissements publics sont surchargés et leurs programmes ne répondent pas aux besoins du marché du travail. Selon la Banque Mondiale pour remédier à ça ils notamment possible d’agir à travers des interventions qui ne passent pas par l’obtention d’un diplôme supplémentaire, en développent par exemple des dispositifs d’apprentissage ou en favorisant et en investissant dans le micro-entreprenariat ou le travail indépendant.

Institutions de FAR


Le système de l’Enseignement Technique et la Formation Professionnelle Agricole, dont la vocation est l’accompagnement de la mise en œuvre de la politique agricole et les différents programmes régionaux inscrits dans le Plan Maroc Vert, a pour mission de dispenser la formation professionnelle agricole et l’enseignement technique agricole et l’appui à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes ruraux.
Deux types de formation sont assurées par le dispositif : une formation diplômante pour les niveaux Technicien spécialisé, techniciens et ouvrier qualifié ; et une formation certifiante pour les niveaux de spécialisation, « apprentissages » et pour la préparation du Baccalauréat agricole. Par ailleurs, plusieurs collèges ruraux (30) s’appuient sur les ressources du dispositif pour l’enseignement de la technologie agricole.
La Formation Professionnelle Agricole vise la satisfaction des besoins du secteur en ressources humaines qualifiées et l’amélioration de la technicité et de la compétitivité des entreprises et exploitations agricoles.

Elle assure la formation initiale et la Formation Professionnelle par apprentissage des jeunes ruraux en s’appuyant sur 52 établissements de formation réparties dans toutes les régions du pays :
  • 10 Instituts Techniques Agricoles Spécialisés en Agriculture (ITSA), formant des techniciens spécialisés, des techniciens et des ouvriers qualifiés
  • 12 Instituts Techniques Agricoles (ITA) formant des techniciens et des ouvriers qualifiés
  • 30 Centres de Qualification Agricole (CQA) formant des ouvriers qualifiés.
Près de 2000 lauréats sont injectés dans le secteur annuellement selon le Ministère de l’agriculture.

Le dispositif de la formation professionnelle agricole offre actuellement la formation professionnelle initiale diplômante dans une vingtaine de filières porteuses du Plan Maroc Vert. Des formations à de nouveaux métiers sont en phase de démarrage, en particulier dans le secteur agroalimentaire.

La Formation Professionnelle Initiale est d’une durée de 2 ans et elle est dispense sur le mode de l’alternance. Elle accorde une place importante à la pratique par les stagiaires au niveau des entreprises et des exploitations agricoles. Au moins 50% de la durée de la formation est réservée à la pratique en entreprise dont l’encadrement est assuré par les professionnels. Actuellement, un réseau de 1500 entreprises et exploitations agricoles sélectionnées assure la formation pratique des stagiaires.
La Formation Professionnelle Agricole par Apprentissage, d’une durée de 1 an : 80% de la formation est réalisée en entreprise. Elle est destinée aux jeunes ruraux déscolarisés et ceux ayant achevé les cours d’alphabétisation fonctionnelle, notamment les fils et filles d’agriculteurs en vue de leur faire acquérir une qualification favorisant leur insertion dans le milieu du travail ou d’assurer la relève au niveau des exploitations agricoles. Elle est assurée dans plus de 28 métiers, en fonction des projets agricoles retenus dans les différentes régions. Près de 10.000 jeunes filles et fils d’agriculteurs sont certifiés annuellement.

La Formation Professionnelle Agricole souffre de nombreuses faiblesses soulignées par la Stratégie de la formation et de la recherche agricole établie en 2013 avec un appareil de formation sous-dimensionné en qualité et en quantité par rapport au développement du secteur agricole.
L'absence de système d'inspection des enseignants, l'absence de suivi de l'insertion des lauréats, l'absence de mécanismes de dialogue régulier avec les professionnels sont les principales variables explicatives d'un système qui doit être entièrement réformé ou absorbé par l'OFPPT (Office de Formation Professionnelle et de Promotion du Travail) qui touche aussi le secteur agricole et qui est beaucoup plus dynamique, beaucoup plus grand et beaucoup mieux organisé.

Rénovation en cours


Le Plan d’action 2008-2012 pour la formation par apprentissages des jeunes ruraux

La mise en place de schémas directeurs de la formation par apprentissage des jeunes ruraux au niveau des principaux bassins d’emploi agricole. Le Plan d’action 2008-2012 prévoit les actions suivantes :
  • La formation de 60.000 jeunes ruraux, fils et filles d’agriculteurs sur une vingtaine de métiers
  • La construction de 6 nouveaux CFA
  • L’extension de sept CFA
  • La création de deux CFA intra-entreprises

Le Plan Stratégique de développement de l’Approche Par Compétences 2009-2017

L’APC constitue aujourd’hui un choix du gouvernement pour le développement et/ou la restructuration de tous les programmes d’éducation et de formation (mise en adéquation avec la Charte Nationale d’Education et de Formation).
Un plan stratégique qui vise l’élargissement progressif de l’APC à l’ensemble des établissements de la formation professionnelle agricoles préconise deux phases lui permettant à l’horizon 2017, de généraliser l’APC à l’ensemble de l’offre de formation agricole :
-La première phase (2009-2012) : consiste en l’élargissement de l’APC à 9 établissements agricoles pilotes têtes de réseaux.
-La seconde phase (2012-2017) : les établissements pilotes vont disséminer l’expertise acquise en APC en vue de généraliser l’approche à l’ensemble des établissements de formation professionnelle agricole.

L’optimisation de l’offre de formation
Elle vise l’adaptation des durées de formation pour les niveaux de spécialisation et de qualification pour que les programmes soient basés sur la durée nécessaire à l’acquisition des compétences et non pas sur deux années académiques comme c’est le cas actuellement.
Les objectifs sont :
  • La rationalisation, l’harmonisation et l’amélioration de l’offre de formation afin d’avoir pour un même métier ou profession un même programme dispensé par tous les opérateurs de formation.
  • L’optimisation de l’utilisation des ressources et l’augmentation du nombre des bénéficiaires de la formation professionnelle.
  • L’évaluation des opérations d’optimisation conduites depuis 2003 et la mise à niveau juridique pour délivrer les diplômes aux lauréats.

Le Plan d’émergence industrielle
L’Etat, par le biais du pacte National pour l’Emergence Industrielle, s’est engagé à appuyer le développement du secteur agroalimentaire à travers la promotion d’une stratégie volontaire reposant sur cinq initiatives portant sur le développement des filières à fort potentiel à l’export ; la restructuration des filières des denrées de base nationales ; un appui ciblé en faveur des « filières intermédiaires » ; une formation adaptée au secteur ; et un réseau d’agropoles au niveau des principales régions économiques du pays.

La stratégie nationale de formation et de recherche agricole 2015-2020

Adoptée fin 2013, cette stratégie vise à doubler les effectifs de lauréats d’ici 2020 et à diversifier l’offre de formation pour mieux coller aux besoins exprimés dans les différentes régions du Maroc. En 2014/2015 les Schémas Directeurs Régionaux de la Formation Professionnelle Agricole ont été établis et ont permis de préciser les niveaux et les filières de formations attendues par les professionnels.

Projets et programmes à l’échelle internationale

Plusieurs accords de partenariats ont été conclus dans un cadre bilatéral ou multilatéral avec divers pays, régions ou institutions internationales qui ont fait bénéficier le pays d’appuis techniques et financiers importants : l’Allemagne, l’Andalousie en Espagne, la Belgique, le Canada (ACDI), les Etats Unis (USAID), la France (AFD), L’Union Européenne, la Banque Mondiale et la FAO.
Ces accords de partenariats ont permis notamment :
-l’accompagnement de la mise en place de nouveaux modes de formation
-la formation et le perfectionnement des ressources humaines
-l’acquisition d’équipements, la création ou la mise à niveau des polygones pédagogiques
-l’appui à l’insertion des diplômés

Le cas de la coopération Maroc- Canada

La coopération entre le Maroc et le Canada dans le domaine agricole se matérialise par une action d’assistance technique en matière de renforcement des capacités. Après le protocole d’entente entre les deux pays, signé en 2011 et portant sur la formation professionnelle et son perfectionnement au Maroc, c’est maintenant au tour du lancement du projet d’appui à la réforme de la formation professionnelle via l’Approche Par Compétences qui prévoit la mise en place de 400 établissements d’ici 15 ans. Entièrement financé par l’Agence Canadienne du Développement International, un don de 10,5 millions de dollars canadiens a été alloué à sa mise en œuvre. Les bénéficiaires seront issus du département de la Formation Professionnelle et des fédérations professionnelles, publiques et privées, mais aussi des Ministères de l’Agriculture et la Pêche Maritime et du Tourisme.

Réseau national

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