Algérie

Algérie


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L’Algérie est un vaste pays au nord de l’Afrique. Sa capitale, Alger, la ville la plus peuplée du pays est située au nord, sur le littoral méditerranéen. Avec une superficie de 2.358.000 km, c’est le plus grand pays africain par la taille et l’un des plus riches en ressources naturelles (pétrole, gaz, substances utiles) ainsi que des potentialités marines, avec une façade maritime de plus de 1.200 km de côtes.
Sa population, d’environ 8 millions d’habitants au moment de l’indépendance en 1962, est passée à 29 millions en 1998, pour atteindre actuellement environ 38 millions (36,3 millions au RGPH de 2008).

L'économie de l'Algérie repose sur un fort secteur industriel qui représente 62 % du PIB. Le pétrole, le gaz naturel et les produits des industries pétrolières et sidérurgiques sont les principaux postes d'exportation. Selon les sources, l’agriculture algérienne emploie entre 21 et 26% de la population totale et contribue pour environ 12% au PIB. Avec un PIB par habitant de 5.668 USD et un taux de croissance du PIB de l’ordre de 3,6% en 2012.
Le chiffre d’affaires réalisé par l’industrie agroalimentaire représente 40% du total du chiffre d’affaires des industries algériennes hors hydrocarbures.

Agriculture et politique agricole

L’Algérie se caractérise par cinq zones agro écologiques, naturellement délimitées, qui orientent les activités agricoles et les systèmes de production pratiqués : le littoral, les plaines sub-littorales, les plaines intérieures (Hauts Plateaux), la région steppique, les Sahara et les Oasis.
La Surface Agricole Totale (S.A.T) est de 42,9 millions d'hectares, représentant 18 % de la surface totale du pays; la Surface Agricole Utile (S.A.U) est de 8,5 millions d'hectares, représentant 20 % de la S.A.T soit 0.22 hectares par habitant contre 0.73 hectares en 1962. Selon les statistiques du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (MADR) , il existe 1198057 exploitations agricoles dont 50% ont moins de 20 hectares et 26% ont moins de 10 hectares. La taille moyenne des fermes a chuté de 11.5 hectares en 1973 à 8.3 hectares en 2012. Les principales cultures sont les céréales (Blé et Orge principalement), avec d’autres productions importantes comme les pommes de terre, les fruits : agrumes, olives, dattes...

Le Plan National de Développement Agricole et Rural (PNDAR) lancé en 2000 dans des conditions très difficiles a permis néanmoins une croissance annuelle de 6%, une contribution à la création de l’emploi, un accroissement de la surface agricole utile de près de 500 000 ha, un développement des techniques d’irrigation économes en eau et une extension importante du patrimoine arboricole.

Les résultats appréciables enregistrés ainsi que le contexte international caractérisé par une situation de crise (alimentaire, financière) et par des changements climatiques (sécheresses cycliques et fréquentes) ont milité en faveur du renforcement des efforts de l’état pour accompagner, soutenir et développer le secteur. Un programme national est élaboré en 2008 qui se traduit par deux programmes importants :
  • le Renouveau de l’Economie Agricole (REA) qui s’est traduit par la création d’un environnement incitatif pour l’activité agricole et le développement des investissements à travers des mécanismes divers : soutiens divers aux agriculteurs et éleveurs, lancement de crédits avantageux, dynamisation du fonds de garantie des calamités agricoles…
  • le Renouveau Rural (RR), engagé depuis 2008, avec une généralisation des projets de proximité de Développement Rural Intégré (PPDRI) qui portent sur la modernisation et/ou la réhabilitation des villages et ksours, la diversification des activités économiques en milieu rural, la protection et la valorisation des ressources naturelles, la protection et la valorisation du patrimoine rural…

Plus récemment, la politique de Renouveau Agricole et Rural (2010-2014), passe inévitablement par la recherche de changements et d’impacts significatifs sur les bases structurelles qui fondent l’état de sécurité alimentaire du pays.

Cette politique se décline par trois volets complémentaires :
  • Le programme du renouveau agricole avec :
    • le lancement de programmes d’intensification, de modernisation et d’intégration de filières de large consommation (céréales, lait, pomme de terre, oléiculture, viandes),
    • la mise en place de systèmes de régulation afin de sécuriser et de stabiliser l’offre de produits de large consommation,
    • la création d’un environnement incitatif et sécurisant à travers la modernisation et l’adaptation du financement et des assurances agricoles.
  • Le programme du renouveau rural :
    • Ce programme cible les zones ou les conditions de production sont les plus difficiles pour les agriculteurs (Sahara, montagnes et steppe)
    • Ces cinq programmes qui ont pour objectifs : la protection des bassins versants, la gestion et la protection des patrimoines forestiers, la lutte contre la désertification, la protection des espaces naturels et des aires protégées, la mise en valeur des terres.
  • Le programme de renforcement des capacités humaines et de l’appui technique (PRCHAT)
    • Programme d’envergure, le PRCHAT, engage le ministère de l’agriculture dans :
      • la modernisation des méthodes de l’administration agricole,
      • un investissement plus conséquent dans la recherche, la vulgarisation et surtout la formation,
      • le renforcement des capacités des institutions chargées de l’appui aux agriculteurs et opérateurs du secteur,
      • le renforcement des services de contrôle et de protection vétérinaires et phytosanitaires, des services de certification et de contrôle technique de semences et plants…

Situation de l'emploi


Le marché algérien du travail, longtemps dominé par le secteur public, était en 2011 à 60% dominé par le secteur privé, dont la part est destinée à augmenter. Cependant l’essentiel du salariat privé est temporaire (79,5%), le salariat permanent étant surtout public (Musette, 2013).

Selon l’Office National des Statistiques (ONS), le taux de chômage en Algérie était de 10,6% en 2014, touchant principalement les jeunes (25%) et les universitaires (16%). Le chômage chez les diplômés des instituts de formation professionnelle était de 12,7% en Septembre 2015 et celui des personnes sans qualification de 2,7%. La situation ne s’améliorera pas, puisque le Fonds Monétaire International (FMI) prévoit une augmentation à 11,3% en 2015.

En matière de prévision d’emploi, le proche avenir n’incite pas à l’optimisme en raison de l’effondrement des cours du pétrole. Ainsi le FMI, de même que la Banque Mondiale, a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour l’Algérie pour 2015, avec cependant une légère hausse l’année suivante.

Webographie

Agriculture et politique agricole

Situation de l’emploi

Formation Professionnelle

Genre

Institutions de FAR


Aujourd’hui trois Ministères sont investis dans la formation agricole (Enseignement Supérieur, Formation Professionnelle et Agriculture).
Enseignement supérieur et recherche scientifique (MESRS) 18 départements d’Agronomie au niveau des universités, 02 Grandes écoles (ENSA et ENMV)
Formation et enseignement professionnels (MFEP) Près de 100 établissements (CFPA et INSFP) assurant des formations dans les filières agricoles.
Agriculture, Développement Rural et Pêche (MADRP) 13 établissements (ITMAS, CFVA, CFATSF et ENAF) ainsi que 8 établissements de formation de Pêche et d’Aquaculture (ITPA et EFTP)


La pluralité des ministères impliqués dans la formation agricole, ne traduit cependant pas une politique de formation agricole globale cohérente, suffisamment lisible et en lien étroit avec la politique de renouveau agricole et rural.
Les dispositifs existants ne permettent pas aujourd’hui de dire qu’il y a une adéquation entre la formation et l’emploi, tant :
• les filières (spécialités et niveaux) créées sont basées sur des considérations théoriques et non sur le « réalisable » possible (étude du marché et des besoins),
• les formations qualifiantes (opérationnelles) adaptées, favorisant l’insertion réelle du produit formé sont insuffisantes.
Aussi le constat est significatif :
• La formation agricole (tous niveaux confondus) n’attire pas les meilleurs élèves du système éducatif national,
• Souvent ce sont les élèves éliminés dans les différents paliers de l’enseignement qui rejoignent, en dernier ressort, les établissements de formation agricole (cycle Moyen). Pour le supérieur, les nouveaux étudiants choisissent rarement les filières agricoles en première instance.
• Les agriculteurs et ouvriers agricoles ne se présentent pas en masse aux formations qui leur sont dédiées, malgré tous les efforts consentis pour mettre à leur disposition des formations.
Le ministère de l’agriculture dispose en outre d’instituts et centres techniques et de développement spécialisés en types de production (15), qui interviennent dans les formations.

Le MEFP déclare 1.213 Centres de Formation Professionnelle à travers le pays, pourvus de 23.800 postes d’enseignants formateur. Les Centres offrent plus de 410.000 postes de formation dans 381 spécialités aux nouveaux candidats, dans les différents modes de formation.
Parmi ces postes, l’agriculture et l’industrie agro-alimentaire offrent 19.000 postes de formation. En Septembre 2015, 28.468 étaient en cours de formation dans les spécialités liées à l’agriculture et à l’agro-alimentaire.

Diplômes Préparés Niveaux d’accès Ministère assurant la formation Spécialités Enseignées Nombre d’établ.
CAP Niveau Collège et inférieur MFEP Horticulture, arboriculture, apiculture, cultures maraîchères, aviculture, cuniculture 75
Adjoint Technique 4e Année des Collèges MADR Agriculture générale, foresterie 04
BTS Terminale des Lycées MFEP Horticulture, Arboriculture, Cultures maraîchères, Gros élevage, Petits élevages, Santé animale, Machinisme agricole, Grandes cultures, Cultures industrielles, Viticulture 12
Technicien Terminale des Lycées MADR Cultures Maraîchères, Pastoralisme,Agriculture de Montagne, Agriculture Saharienne, Horticulture ornementale et Paysagisme, Grandes Cultures, Cultures Pérennes, Forêts, Production Animale 9
Ingénieur Baccalauréat MESRS Protection des végétaux, Production végétale, Agro alimentaire, Zootechnie, Hydraulique agricole, Technologie Alimentaire, Agro pastoralisme, Génie rural, Foresterie, Pédologie, Machinisme agricole, Sciences vétérinaires. 20


Rénovation en cours


En appui aux programmes de développement lancés, un Programme de Renforcement des Capacités Humaines et d’Assistance Technique (PRCHAT) a été mis en œuvre par le MADR. Ce programme cible des formations adaptées à différents types d’intervenants et autres bénéficiaires des programmes du Renouveau agricole et Rural. Il ne s’agit pas tant de « rénovation » de la FAR que d’une tentative de dynamisation de la formation en appui à d’autres programmes de développement.

Résultant d’une démarche participative, la conception du PRCHAT obéit à une approche dynamique qui permet, d’intégrer à chaque fois que nécessaire, de nouvelles actions générées par les besoins nouveaux exprimés au cours de la réalisation des programmes de la politique sectorielle. Ce Programme s’appuie essentiellement sur les potentialités du secteur.
Il s’appuie également sur une utilisation efficiente des établissements du ministère de la formation et de l’enseignement professionnels (MFEP), pour une collaboration permettant une formation de proximité et une meilleure couverture des besoins en formation exprimés à travers le territoire national et ce, grâce à une convention de partenariat, permettant aux directions locales des deux secteurs, une collaboration dans l’organisation et la prise en charge des formations destinées aux agriculteurs et autres opérateurs impliqués dans les programmes de développement agricole.

Le PRCHAT, mobilise toutes les institutions sous tutelle (Instituts techniques, établissements du secteur, les Directions des Services Agricoles, les Conservations des forêts, les Chambres de l’Agriculture ainsi que le recours aux établissements du MFEP pour satisfaire les besoins de formation de ces programmes. Différents publics-cibles sont visés : les agriculteurs, les cadres du secteur, les vulgarisateurs, les bénéficiaires de projets agricoles et ruraux.

Parallèlement aux efforts de formation, des mesures d’accompagnement ont été également prévues par le PRCHAT : Mise en place d’un dispositif de financement des formations, encouragement de la formation sur site, renforcement des relations avec la profession…

Axes stratégiques de la rénovation
Bien qu’il ne semble pas y avoir de stratégie spécifique de rénovation de la FAR en Algérie, les enseignements tirés de l’expérience du PRCHAT suggèrent les axes prioritaires pour corriger les faiblesses de la FAR révélées par le programme, en particulier en amont et en aval. En effet, le principal problème de la formation professionnelle en Algérie ne semble pas être aujourd’hui quantitatif (nombre de centres de formation) mais plutôt qualitatif (qualité de la formation, adéquation avec le marché du travail).
En amont de la FAR :
  • Meilleure coordination avec les organisations professionnelles et renforcement de leurs capacités, en particulier dans l’identification des besoins en compétences de leurs adhérents, et leur mobilisation pour les activités de formation. Il s’agit aussi en priorité de développer une meilleure connaissance du marché de l’emploi agricole et para-agricole – en particulier l’emploi informel- pour avoir une meilleure adéquation entre les formations offertes (tous secteurs confondus) et l’emploi ;
  • Coordination et planification conjointe avec les autres ministères engagés dans la formation professionnelle pour une meilleure synergie. Le MADR et le MFEP ont déjà signé en 2013 une convention cadre.
Elle porte sur le renforcement de l’offre de formation, l’amélioration des compétences des cadres de leurs secteurs respectifs, l’ingénierie de la formation et la création d’espaces de concertation entre eux.
En aval de la formation :
  • Accompagnement des personnes formées dans la recherche d’emploi
  • Mise en œuvre de plan d’action pour les personnels d’encadrement formés.
  • Mise en place d’un observatoire permanent de l’emploi agricole, en particulier dans les nouvelles
  • filières comme par exemple les emplois verts.
    • Mise en place d’un cadre juridique adéquat pour la valorisation des formations destinées au
  • perfectionnement des personnels d’encadrement.
  • Adaptation des formations au profil éducatif et niveaux différenciés des agriculteurs.

Initiatives en cours d’appui à la FAR : acteurs, moyens, ressources
Indépendamment des activités de formation menées dans le cadre de projets et programmes, le dispositif de la FAR s’étend graduellement. Diverses actions sont aujourd’hui menées dans ce sens avec divers partenaires à travers des projets : Diveco, Profas, Banque Mondiale…pour la mise en place de dispositifs d’ingénierie, d’outils d’évaluation, d’une plateforme de concertation interministérielle et la création de centres d’excellence…

Un nouvel institut de formation aux métiers agricoles, sous l’égide du MFEP, est prévu pour la rentrée à El Tarf. Le MADR a créé une école des métiers de l’agriculture, des forêts et de l’agro-industrie (ENMAFA), pour assurer des formations de métier, et également de perfectionnement et de recyclage dans les métiers liés à l’agriculture, aux forêts et à l’agro-industrie.
Un autre institut national spécialisé de formation professionnelle (INSFP) dédié à l’agriculture –surtout céréalière- doit ouvrir à Ain Abid (sud-est de Constantine) en plus de l’institut spécialisé dans les métiers de l'agriculture et de l'hydraulique dédié principalement à l'agriculture saharienne prévu à Ghardaïa).

Réseau national


Avec le lancement en 2010 du PRCHAT (Programme de Renforcement des Compétences Humaines et Assistance Technique), l'Algérie a souhaité se doter d'instruments pour promouvoir l'agriculture et l'installation dans le secteur agricole.

S'appuyant sur l'ensemble des acteurs présents dans ce programme, les représentants du réseau FAR en Algérie on proposé de créer le cadre d'un futur réseau national en Algérie.

Vous pouvez consulter la présentation faite lors du dernier regroupent des acteurs du PRCHAT de janvier 2013.

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